Danse contemporaine ?


Pour prolonger ce que j’ai dit de l’opéra, du Rap … etc., ces derniers jours, je vais m’intéresser de nouveau à la danse dite contemporaine au risque de me tremper davantage dans la fange réactionnaire de la ringardise.
Alors la danse …

Singe dormeur

À la vérité, je n’ai pas de compétence particulière en matière de danse, fut-elle contemporaine. Aussi, je ne me risquerai pas à jouer les critiques concernant telle ou tel que j’aurais apprécié ou non. Pourtant l’impression s’impose à moi à y regarder : c’est fou ce que ça peut être à la mode de se rouler par terre !!
Quand on pense que Karin Waehner, se revendiquant de Mary Wigman, fut l’une des, sinon la première, à se rouler par terre et qu’il y a de cela un bon demi siècle, on ne peut s’empêcher de penser voilà une mode – à la différence de toutes les autres – qui dure.
À l’époque c’était scandaleux de se rouler par terre. Aujourd’hui ce serait de ne s’y point rouler qui serait scandaleux. Le risque en est quasi nul, car on peut se demander si quelqu’une ou quelqu’un pourrait s’adonner à une danse qui oserait se dire contemporaine sans se rouler par terre.

En fait, cette gestuelle « nouvelle », destinée à libérer, diversifier, enrichir les espaces expressifs de la danse, finit par devenir si conforme que le carcan de Petipa semble insidieusement se refermer sur les malheureux danseurs contemporains sous cette forme de contorsions obligées.
Sans compter qu’à force cela finit par être salissant.
Il y a aussi cette façon de se référer à des faits actuels, à des légendes, ou encore à des thématiques « engagées » et de réaliser à ce propos une partition gestuelle qui n’a rien à voir avec ce qui est pourtant affirmé dans le programme. Il me semble que si l’on raconte une histoire, le geste doit, sinon la dire, du moins la montrer… comme dirait Wittgenstein.
On se roule par terre pour évoquer une métamorphose d’Ovide, on se roule par terre pour faire jaillir une problématique existentielle, une horreur économique, un génocide, un drame planétaire. On se roule par terre pour faire rire, pleurer, réfléchir, méditer.

Je pense à Cage et Cunningam qui ne jugeaient pas nécessaire de mettre leur libido en bandoulière, chacun travaillant dans son coin, pour construire un objet de danse. Selon eux, l’anecdote s’inscrit d’elle-même, par la combinatoire et l’assemblage gestuels, dans l’espace euclidien, riemannien ou fractal, selon le style et l’époque de l’œuvre.
Mais, encore une fois, je n’ai guère de compétence en matière de danse, fut-elle contemporaine. Et je suis peut-être aussi un peu passé de mode.

Cela m’amène à ce que j’appelle la danse sur la tête, le Hip Hop pour les initiés. Voilà de la danse contemporaine qui a pignon sur rue, qui joue dans la cour des grands sur de la musique boum boum. Cela relève – tant que cela durera – aussi bien des jeux du cirque que certains cirques actuels relèvent de la danse contemporaine.
Il s’agit là d’une forme nouvelle inégalée d’harmonie de différentes disciplines réalisant l’art du spectacle total.

Il ne manque que de revenir sur le Rap, sans doute un important phénomène sociologique avec lequel il faut compter. Mais pour ce qui est de l’événement esthétique il faudra repasser : texte débile, premier degré à quelques exceptions près, qui se profère généralement sur boîte à rythme, toujours sensiblement de même facture, autant que j’ai pu me rendre compte. Et cela s’appelle chansons qui s’inscrivent dans des « albums ». À propos, un album est un « cahier personnel destiné à recevoir des dessins, des photos, des collections diverses. C’est encore un recueil imprimé d’illustrations ou de documents iconographiques », dico dixit. Que viennent faire les chansons là-dedans ?
Disque (compacte ou non) ne serait-il pas un label assez noble ?

 Je ne voudrais pas aggraver mon cas en m’aventurant dans les domaines de l’architecture et des arts plastiques, installations, performances … etc.

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