L’opéra, le rap et la culture


Au risque de me faire traiter de … et de … et de bien davantage encore, au risque même de la peine de mort, je vais me permettre d’affirmer qu’il n’y a rien de plus ridicule que l’opéra. J’en est déjà parlé (5 juin 2012). Je confirme. D’abord une histoire racontée par un texte débile porté par une musique souvent belle mais répétitive et emphatique qui n’en tient aucun compte et qui pour installer et développer sa grandiloquence le contraint à des répétition qui en accentue la débilité et le ridicule : « Allons allons, rentrons sortons, sortons rentrons, … » jusqu’à ce que la musique n’en puisse plus.

Ou encore, pour exemple, « Je suis mort, je meurs, je meurs, il meurt il meurt, je suis mort, il est mort, il est, il est, il est, mort mort mort mort … » jusqu’à essoufflement des cordes, des vents et des timbales. Le tout meuglé à faire craquer les vitres et vous pulvériser les vertèbres lombaires par des bœufs qui se prennent pour des taureaux et des chèvres qui bêlent dans les super-aigus à vous percer les tympans et vous fendre les os du crâne de la fontanelle au somment du nez.

C’est disgracieux et désagréable à l’oreille. Cela ressemble davantage à une performance sportive qui consiste à gueuler sans micro plus fort que l’orchestre qu’à de l’art. Si cela en est alors on a raison de vouloir me confier à un quelconque état islamique pour décapitation.

Quand je dis « rien de plus ridicule » j’exagère. Il y a dans l’univers des arts bien des choses aussi ridicules que l’opéra … sinon plus. Le RAP, par exemple, dans 90% des cas, on a affaire à des textes misérables éructés sur fond de boite à rythme. Que le RAP soit un phénomène socialo-politique important, d’accord. Mais qu’il soit un événement esthétique, non ! 90 fois sur 100, non !!

Revendication à comparer avec, au hasard de ce qui me vient  : Barbara : Sida Si d’amour … D’amour Sidanné Brassens : Mais les braves gens n’aiment pas que Éluard : j’écris ton nom, liberté Lautréamont : Je te salue vieil océan Rimbaud : Saison en enfer : J’ai de mes ancêtres gaulois l’œil bleu blanc Et son dormeur du Val : C’est un trou de verdure où chante une rivière …

dormeur du val

… Tranquille. Il a deux trous rouges au côté droit.

Et tant d’autres, tant d’autres ! À quelle aune mesure-t-on le chef d’œuvre ? À quels symptômes diagnostique-t-on les risques d’une pathologie mortelle de la culture ? À la télévision, Madame Line Renaud nous dit : « Grand Corps Malade m’a fait l’honneur et la joie de m’offrir un de ses poèmes ». Et de nous offrir à son tour, sur le ton emphatique d’un immortel message, un texte vaguement prétentieux d’une médiocrité convenable.

Suffit-il du handicap pour avoir du talent ?

Qu’on me comprenne bien. Le handicap n’a jamais été un obstacle pour le talent, voire le génie, nous en connaissons de nombreux exemples, mais il n’y suffit pas non plus.

On n’est pas forcément réactionnaire quand on critique les attitudes majoritaires de « consommation » culturelle de l’époque dans laquelle on trempe.

Que risque-t-on quand on se méfie du quantitatif comme seul critère déclaré de qualité, quand on ne suit pas les panurgiens qui plongent par millions dans l’océan des eaux de vidange culturelles ?

À ces faiseurs de modes qui se jouent du « brave consommateur », ces quelques manipulateurs djihadistes prêts à presque tout pour faire du fric, j’offre ma tête et la mort de la culture.

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