Rhétorique phallocratique et superlative

Nombre d’animateurs-trices, chroniqueurs, journalistes et tutti quanti, papier, médias AV, population courante de tous les milieux culturels et sociaux et des deux sexes ont un triste penchant pour la masculinisation  de certains substantifs. J’ai entendu un journaliste de Radio France au cours d’un journal aller jusqu’à dire : un espèce de porte ! Je me serai fait un plaisir de citer son nom, mais je ne l’ai pas retenu.

Espèce ne serait-il pas un substantif féminin ? Et pour quelle raison de nos jours devrait-il s’affubler d’un phallus ?

Madame Florence Aubenas dans le « Monde » de la dernière semaine d’octobre 2013 a écrit – à moins que cela ne soit qu’une coquille que même le re-lecteur n’a pas relevèe : « un HLM ». De son côté, le sigle HLM ne signifie-t-il pas « Habitation à Loyer Modéré » ? Et, pareillement, pourquoi cette habitation devrait-elle afficher, elle-aussi, un phallus au balcon.

À moins qu’il ne s’agisse d’un espèce d’habitation. Dans ce cas, évidemment, nous n’avons plus qu’à nous taire.

Combien de fois ai-je entendu : un autoroute ? Pourtant auto-mobile (auto) est bien du féminin et route semblablement. Ainsi deux féminins donneraient un masculin, (comme moins par moins = plus en mathématique). Il semble plutôt qu’une forme de phallocratie lexicale sévit jusque dans la tête des femmes, de certaines en tout cas.

Quant a la pratique du superlatif : Le langage contemporain  en fait son pain quotidien. Il en fait même une consommation considérable. Vous ne pouvez pas faire trois pas dans la rue sans rencontrer un super machin, un extra chose ou un hyper truc, quand vous ne rencontrez pas un super extra ou un hyper super et même, de plus en plus,  un hyper super extra ou un extra super hyper, terrible, sensasse, génial, absolument fantastique … J’en passe. On mange et on boit du superlatif à pleine hyperbole. Si  bien que l’ordinaire se fait de plus en plus rare et va devenir de plus en plus cher.