Les territoires de Lahouria
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Les territoires de Lahouria

 

 Écrit par Sylvie Dallet le 9 janvier 2013


Plusieurs fois nous nous sommes parlées entre deux portes, chez toi, à Vimpelles ou à Vincennes, à Vézelay lors de notre virée commune chez Frédéric Rolland et son oncle amateur de films.  Tu lui avais parlé de Charles Cros et elle me passait des petits mots d’amitié et d’encouragement. Elle a été très heureuse de la vocation d’infirmière de ma fille Marie en me disant qu’il était si rare aujourd’hui  de trouver une jeune fille à la fois gaie et responsable, qui décide de s’engager pour soigner les autres. La responsabilité, l’amour des autres étaient des domaines qui la touchaient beaucoup et sa voix changeait en abordant le sujet.
 Toi tume donnais des nouvelles : ses déplacments harassants pour voir sa mère, aider sa sœur, gérer les conflits au travail et tu haussais les épaules comme agacé d’un tel dévouement. Il semble que sa vie ait été au plus riche : un travail à responsabilités multiples auprès d’une équipe féminine, un mari amoureux extrème en tout, créatif, courageux, indépendant mais aussi coléreux de l’inanité du monde et  du vieillissment inéluctable. Elle combinait tout un monde  de contrastes qu’elle voulait aider, épauler, transformer concrètement. Peut être une ou des fêlures : ne pas avoir assez transmis, avoir vécu à des rythmes qui n’étaient pas les siens.  J’avais une crainte qu’elle s’effondre après ton départ, toi l’être qu’elle chérissait le plus au monde. La vie est étrange, il faut penser que tout cela continue entre les lignes du temps.
 Je ne sais pas si ce que j’écris t’aide, te plais ou te fais pleurer. Elle a été heureuse et elle a voulu combattre pour aider les gens. Je ne se sais pas comment faire pour moi aussi, pour  réorienter petit à petit cette vie bouillonnante que tu as en toi vers quelque chose qui soit moins difficile au quotidien.  L’écriture, la lecture, le jardin, la conversation, les animaux et recevoir. Je crois qu’elle n’est pas très loin et que vous vous retrouverez.  Il faut que tu retrouves de l’appétit aux choses parce qu’elle le veut, là ou elle est.

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